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 Human nature (pamela)

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Connor
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Message(#) Sujet: Human nature (pamela) Sam 30 Juin - 14:37


Human nature
( connor & pamela )

Connor avait fait une rencontre aussi brève qu’étrange, quelques jours plus tôt. Ayant envahi la maison de Hank, incapable de la laisser derrière lui (et puis, de toute manière, quelqu’un devait bien s’occuper de Sumo, le gros saint-bernard, en l’absence de son maître), il avait pris le temps de tout ranger le bordel que l’alcoolique avait laissé derrière lui. Hank manquait énormément à l’androïde, il n’avait jamais eu à gérer un processus de deuil. C’était très humain. Du coup, encore en train de chercher sa voie dans ce nouveau monde, tout en se faisant tout petit, le temps de déterminer si CyberLife, présent ici semblerait-il, il avait tenté de mettre un peu de couleur et de vie dans la demeure, pour tenter d’effacer l’ambiance triste. Oui, Connor s’était acheté de jolies fleurs, qu’il avait posées ici et là, après avoir analysé où est-ce qu’elles seraient le mieux, au soleil ou non, selon leurs espèces. Il n’avait rien perdu de sa minutie toute robotique, il allait devoir faire un peu plus d’effort pour paraître humain,

Enfin bref. Il n’avait pas pu profiter longtemps des couleurs vives et pleines de vie de ses nouvelles acquisitions. En rentrant, il été tombé nez à nez avec une voleuse rousse. Normalement, il aurait été en mesure de l’arrêter, mais en la voyant ainsi, des pots de leur plein les bras, l’incongruité de la situation l’avait laissé … bouche bée. Et puis son attention s’était focusée aussitôt sur le saint-bernard, craignant qu’elle lui ait fait du mal, mais heureusement, il était dans un coin de la cuisine, observant la scène. Il ne semblait pas avoir ressenti une quelconque hostilité de la part de l’inconnue, sinon il se serait montré beaucoup plus menaçant. En tournant son regard vers la voleuse, celle-ci avait disparu, emportant les plantes avec elle. L’androïde était resté figé durant un temps indéterminé, cherchant à comprendre le comportement de la jeune femme. Mais il avait beau analysé ce qui s’était passé dans tous les sens, il n’en restait que plus perplexe.

Connor avait donc laissé couler, laissant cette événement dans un coin de sa mémoire. Il avait plus urgent à penser, comme son avenir proche. La ville était étrange. Un curieux mélange difficile à cerner. Autant les androïdes ne semblaient pas persécutés, autant la menace de CyberLife semblait planer. Eux aussi devaient certainement s’adapter. Bref, il allait devoir laisser venir pour voir comment gérer la situation. Décidant de sortir un peu pour continuer à visiter la ville, il se changea en conséquence, abandonnant ses habits trop voyant, où on pouvait voir son numéro de matricule et l’inscription « Android », pour des vêtements plus sobres et une veste, où il rangea sa fidèle pièce de monnaie. Seul le petit cercle sur sa tempe laissait voir qu’il n’était pas humain. Il n’était pas encore prêt de l’enlever. Et puis, il s’était muni d’un bonnet pour le cacher. Heureusement qu’il ne ressentait pas la chaleur.

Il était donc en train de se promener dans le parc, regardant autour de lui, une pointe de curiosité transparaissant à travers son air naturellement neutre, lorsqu’il vit une chevelure rousse qu’il reconnut aussitôt. Se stoppant net, il fronça les sourcils. Quelles étaient les chances de retomber sur elle dans cette ville immense ? Pas très grandes, mais, les voilà ...
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Pamela Isley
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Message(#) Sujet: Re: Human nature (pamela) Sam 7 Juil - 18:39

La fatigue l’avait prise de court. Elle n’avait eu que le temps de suivre son intuition, un besoin soudain d’aller se réfugier dans un environnement naturel, de s’entourer de vert, avant d’être prise d’un vertige qui avait résulté en ce qui ne devait qu’être une petite pause à l’ombre d’un grand chêne, sa chevelure rousse éparpillée autour d’elle, tranchant avec le vert de l’herbe. Une chance que le parc fut quasi désert ce jour là. Son arrivée à Oblivion ne s’était pas faite sans désagréments : elle avait perdu un certain nombre de capacités, et avec elles sa résistance à divers éléments, comme la pollution et l’absence de soleil après plusieurs jours pluvieux. Il n’y avait qu’un endroit où elle pouvait se réfugier et c’était ici, au plus près de dame nature, entourée d’arbres et de plantes dont la vie pulsait faiblement autour d’elle, imperceptible aux humains lambdas. Quelques minutes s’étaient changées en heures et le soleil avait poursuivi sa course sans que la rousse ne fasse un mouvement, drainée de son énergie. C’était le murmure parcourant les feuilles, parcourant les herbes, qui l’avait alertée à la présence d’un inconnu dans une situation où elle se montrait comme rarement vulnérable. Clignant faiblement des yeux, encore étourdie, il lui faut un moment avant de replacer le visage devant elle et de comprendre pourquoi il lui est familier.

C’est bien sa chance. De toutes les personnes qui devaient la découvrir, il fallait que ce soit celui dont elle avait dérobé les plantes quelques jours plus tôt. Non pas qu’elle ait su qui il était : elle n’avait pas agi contre lui, c’était simplement qu’en voyant cette rangée de plantes au bord de la fenêtre, de fleurs qui méritaient mieux qu’une vie misérable en pot, elle n’avait pas pu s’empêcher d’intervenir. Une prompte escalade et la voilà qui repartait avec ses chéries blotties contre elle ni vue ni connue… jusqu’au moment où l’homme était entré et l’avait prise en flagrant délit. Elle avait profité d’un moment de distraction pour disparaître mais savait qu’il avait vu son visage et qu’elle avait tout intérêt à ne pas recroiser son chemin. Non pas que le butin de son vol eut une grande valeur au regard de ce qu’elle aurait pu voler, mais un larcin est un larcin. Elle fronce les sourcils d’un air mécontent, consciente que dans une situation normale elle pourrait le soumettre sans mal (à supposer qu’il ne dispose pas de super-pouvoirs également) mais qu’en l’état elle peut difficilement faire plus que le toiser de son regard le plus défiant. Des herbes viennent doucement s’enrouler autour de ses chevilles et poignets, comme pour lui apporter soutien, et elle se sent respirer un peu plus facilement. Tournant à nouveau le regard vers l’inconnu, elle est frappée par l’incongruité de son bonnet par des températures pourtant loin d’être froides, mais ne relève pas.

Elle reste un moment silencieuse, ne sachant quelle est la meilleure approche à jouer ; victime, séductrice, criminelle ? Décidant que le comportement pour le moment passif de l’autre est un bon signe, elle opte pour une approche neutre et se redresse légèrement, l’air presque innocent avec ses brindilles dans les cheveux et la fatigue lisible dans sa posture comme sur ses traits. Peut-être qu’il ne se souvient pas d’elle, ou qu’il n’a pas eu le temps de vraiment voir son visage après tout. Autant jouer le tout pour le tout et ignorer le sujet entièrement, si elle fait mine de rien il pensera peut-être que ce n’était pas elle.

« Désolée je… Je crois que j’ai été saisie d’un vertige et... » Elle essaie de se remettre sur pieds tout en parlant, mais réalise vite à la faiblesse de ses jambes que c’est un mauvais plan, et finit par se laisser retomber après avoir vacillé quelques secondes, frustrée par son impuissance. « Ça va passer. Continuez votre chemin, ne vous en faites pas pour moi. »

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Connor
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Message(#) Sujet: Re: Human nature (pamela) Sam 21 Juil - 18:15

Connor avait fini par abandonner sa tentative de comprendre pourquoi quelqu’un s’introduirait illégalement chez autrui pour voler des plantes. Normalement, les humains étaient beaucoup plus intéressés par l’argent ou des objets de valeur pouvant se revendre facilement. À moins que ce soit sentimental. Mais si c’était le cas, il serait difficile à l’androïde de le comprendre. Ne sachant pas quelle approche adopter dans cette situation, il resta immobile, observant la jeune femme. Peut-être viendrait-elle avouer elle-même son cambriolage ? Ou bien elle allait faire le contraire ? Ou réagir violemment ? Partir ? Normalement, ceux qui commettaient un délit n’avaient pas tendance à sympathiser avec leur « victime ». Cependant, elle semblait … mal en point. Elle lui confirma alors son état, ou plutôt cherchant à le minimiser, ne désirant pas le voir dans les parages. Ça, il pouvait comprendre. Cependant, au lieu de l’accuser, ou de partir comme elle semblait le souhaiter, il s’approcha doucement. « Vous ne semblez pas souffrir que d’un simple vertige », fit-il, d’un ton plutôt doux, tout comme son expression. Il avait été programmé pour agir en flic, qui devait agir avant tout pour la mission. Mais ça c’était avant. Voilà toute la différence d’être déviant. Il pouvait choisir. « Je ne vous veux aucun mal », ajouta-t-il, bien que de simples paroles ne pouvaient pas garantir la sincérité de quelqu’un. Du moins les humains étaient portés à mentir.

À ses côtés, il posa un genou au sol pour être à sa hauteur, notant les plantes autour d’elle, qui semblaient animées. Il fronça les sourcils, n’ayant jamais vu un tel phénomène. Son regard tranquille la parcourut, cherchant l’origine de son mal. Aucune blessure apparente. Mais son coeur pulsait très lentement, faiblement. Elle semblait épuisée, mais l’androïde ne pouvait savoir la cause. Peut-être serait-elle plus à même de le lui dire. « Votre rythme cardiaque est très faible. Je peux vous aider. » Ce n’était même pas une question, il voulait vraiment lui venir en aide. Il pouvait très bien appeler les secours, le cas échéant, si sa vie était réellement en danger. Il avait aussi été conçu pour gérer des situations extrêmes. Même si ces derniers jours n’étaient qu’un amas de situations anormales qui le laissent perplexe et confus. « Je m’appelle Connor », finit-il par dire, pour se présenter et essayer de gagner sa confiance.
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Pamela Isley
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Message(#) Sujet: Re: Human nature (pamela) Mar 31 Juil - 11:32

Les paroles du dénommé Connor se veulent rassurantes, mais plus il parle, et plus les sourcils de la rouquine se froncent de méfiance. En admettant qu’il ne l’aie pas reconnue, et cela lui semble déjà improbable (on passait difficilement incognito avec une chevelure aussi flamboyante que la sienne), il paraît trop soucieux d’une parfaite inconnue pour être sincère. De son expérience, à Gotham, les gens qui se seraient arrêtés devant une femme inconsciente au milieu d’un parc se résumaient en deux catégories : les profiteurs et les policiers. Et il était déjà établi que c’était elle, la voleuse. Quant à un policier… elle en avait déjà un sur le dos, et ne tenait pas vraiment à en ajouter un autre. Les gens lambdas, eux, détournaient le visage et regardaient ailleurs. C’était plus facile ainsi, face à une occurrence devenue banale dans une ville aussi corrompue, que de donner de sa personne à chaque fois, plus facile que de s’impliquer. Et Ivy, dans toute la misanthropie qui la caractérisait, ne pouvait même pas les blâmer. Pourtant, elle n’en avait pas fait autant, ce jour où elle avait croisé le chemin d’une petite blonde nommée Harley au milieu des décombres. En dépit d’elle-même, il y avait toujours au fond d’elle cette part d’humanité détestable, cette vulnérabilité dont elle se serait bien passée.

Mais plus que tout, elle avait appris à ne pas faire confiance aux hommes. Elle était loin, la petite étudiante timide et réservée qui s’était retrouvée attachée à une table d’opération. Loin, les pipettes et les seringues, les tests dont elle avait été cobaye. Loin aussi, les mains baladeuses et les regards lubriques contre lesquelles elle n’avait rien pu faire. En revanche, sa colère était toujours présente, comme un arrière-goût dans la bouche dont elle ne pouvait se défaire, et ainsi, sa méfiance des hommes. Certes, elle n’était plus la Pamela Isley fragile et impuissante, mais l’inconnu venait de la découvrir dans un état de faiblesse qui n’était pas sans la renvoyer quelques années plus tôt. Farouchement, un éclat de fureur dans les yeux, la rouquine se recule tant bien que mal. Il ne lui veut aucun mal ? Il veut l’aider ? Oui… Le professeur Woodrue avait tenu des propos similaires avant d’abuser de sa confiance. Dans un sens, elle lui devait la personne qu’elle était devenue aujourd’hui, et détestait l’idée qu’une bonne chose aie pu naître de cette rencontre et ce qu’il lui avait fait subir. Mais elle ne reproduira pas la même erreur deux fois.

« Je n’ai pas besoin d’aide. »

La réponse est sèche malgré la voix douce de l’autre homme, et c’est probablement un comble considérant qu’il a été sa victime, et pas l’inverse, mais c’est le cadet de ses soucis sur l’instant. Il lui faut quelques secondes pour revenir sur un élément en apparence anodin : son rythme cardiaque. Comment peut-il savoir qu’il est faible sans l’avoir touchée ? Un méta-humain ? Une mauvaise nouvelle si c’est le cas et qu’il s’avère qu’il ne l’a pas oubliée : elle n’est pas exactement en état de se battre. Son mensonge est évident, et son corps la trahit sans scrupules lorsqu’un vertige la parcourt.

« Je vais bien. » Elle essaie autant de convaincre l’autre qu’elle-même. Elle ne tient pas à paraître comme une proie facile. « Juste besoin… de repos. » Elle plante ses doigts dans la terre du parc, sentant l’herbe pulser sous sa paume, et lui donner un regain d’énergie, artificiel mais suffisant pour que des lierres viennent s’enrouler autour de son bras et jusque dans sa nuque. Une façon de signifier qu’elle n’est pas tout à fait aussi dépourvue de défenses qu’on pourrait le penser. Du regard, elle défie l’autre muettement, prête à fuir ou se défendre si la situation l’exige.

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Connor
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Message(#) Sujet: Re: Human nature (pamela) Dim 23 Sep - 11:16

Normalement, se présenter créait une certaine relation, parfois de confiance, ou du moins de tolérance. Connor avait été, de base, programmé pour inspirer confiance. Un visage avenant, un ton posé, un sourire gentil. Tout ce qui devait être artificiel, il avait fini par l’intégrer. C’était ce qu’il était. Ce qu’il voulait l’être. Du moins, l’androïde cherchait à le comprendre. Où s’arrêtait la programmation ? Quelle était la ligne entre du code et ce qu’il est vraiment. Il ne sentait pas avoir besoin d’un effort pour être gentil. Mais la jeune femme ne semblait pas très réceptive. Était-ce son mode de vie qui la rendait si méfiante ? Ou juste cette fois, son état vulnérable ? Il pouvait comprendre qu’elle cherche à refuser son aide, par méfiance. Même s’il cherchait à savoir pourquoi elle était en colère contre lui. L’humain était beaucoup plus complexe. Parfois trop, assez pour qu’il s’emmêle les pinceaux. Mais il voulait apprendre.

Le fait est, aussi gentil que pouvait être Connor, il était aussi du genre très borné. Toujours un genou au sol, il décida de s’asseoir directement, croisant les jambes, pour lui montrer qu’il avait décidé de rester, peu importe ce qu’elle lui demandait. Oui, il était énervant comme ça, parfois. Hank le lui avait dit très souvent. Cette pensée le fit sourire doucement, un peu triste, alors que son regard se fit lointain. Il n’avait pas l’habitude que des souvenirs reviennent à lui, à certains moments. Il n’était pas programmé pour être nostalgique. Son regard doux se porta à nouveau sur la jeune femme, décidant de changer de sujet. « Dites moi … Pourquoi volez-vous des plantes ? » Autant chercher à comprendre ses motivations, puisqu’elle ne voulait pas le laisser s’approcher pour l’instant - et il doutait qu’elle réagisse bien s’il n’en faisait qu’à sa tête et qu’il appelait les secours. Il décida même de jouer sur l’honnêteté, ajoutant aussitôt, pour calmer le jeu : « Et, vous savez, je ne suis pas en colère pour ce vol. En fait … Ce n’était pas vraiment ma maison. » Oui, techniquement, il squattait. Il ne savait pas vraiment où aller, alors il avait décidé de se raccrocher à ce qu’il connaissait. À ce qui lui était familier.

(coucou ! désolée pour le temps de réponse + la réponse courte, j'essaie de me remettre dans le bain avec ce personnage  :113: )
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Pamela Isley
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Message(#) Sujet: Re: Human nature (pamela) Sam 13 Oct - 12:40

La rouquine dissimule une grimace derrière le rideau de ses cheveux, tête baissée, en voyant l'homme prendre ses aises pour s'installer à côté d'elle. Il n'a, semble-t-il, tout simplement pas l'intention de la laisser là. Soit c'est un bon samaritain - et Pamela a fréquenté suffisamment d'hommes pour savoir que c'est un mythe - soit il y a autre chose, et considérant que ce n'est pas leur première rencontre, il n'est pas difficile de supposer quoi. Il y a cependant quelque chose de différent qui se dégage de lui. La botaniste aurait été bien en peine de l'expliquer : ce n'était rien de plus qu'une intuition, un peu comme quand on joue au jeu des sept erreurs et qu'on sent les différences avant même de les voir. Ses traits invitent à la confiance, mais elle est trop maligne pour s'y fier. Elle n'a pas oublié les sourires tendres et les paroles cajoleuses de Jason Woodrue. Ce n'est pas une inattention de sa part de ne pas donner son prénom en échange.

La question du jeune homme ne la surprend donc pas, au contraire. Dans un sens, elle est soulagée qu'il soit allé droit au but, ce n'est pas le genre de la demoiselle de tourner autour du pot. Ce qui la surprend, c'est l'inflexion dénuée de jugement et d'accusation, dans la voix de Connor. Il semble sincère en disant qu'il n'est pas en colère. Peut-être l'est-il. Si l'appartement n'était pas le sien, ce n'est pas si improbable d'imaginer que le vol ne l'aie pas affecté. Ou peut-être que c'est un très bon acteur. Dans tous les cas, c'est dans son intérêt de jouer le jeu, de lui permettre de gagner du temps pendant qu'elle recouvre ses forces.

Et vraiment, quelle réponse peut-elle lui donner ? Ivy est une bonne actrice aussi quand elle le veut. Mais à moins de le supposer plus crédule qu'il n'en a l'air, aucun mensonge ne peut décemment justifier son geste. Inutile de rajouter à son vol l'insulte de le prendre pour un idiot. Si vraiment il n'a pas de mauvaises intentions envers elle, il serait contre-productif d'en faire naître. Elle ramène doucement ses jambes vers elle dans l'herbe en redressant son buste et tend vers l'inconnu une main, paume vers le haut.

En quelques secondes, les lierres qui ont commencé à l'encercler grimpent et s'enroulent autour de son poignet et là, dans le creux de sa main, une simple fleur se met doucement à éclore. Cette simple vision la fait se sentir plus détendue. Doucement, elle explique :

« Je ne fais qu'un avec Mère Nature. Parce qu'elles ne peuvent s'exprimer, on oublie que les plantes sont des créatures vivantes, avec des besoins spécifiques. Mais moi, je sais, je sens. Certaines peuvent s'acclimater à la vie d'appartement sans difficultés. Belles et discrètes, se satisfaisant de peu, adéquates dans leur rôle d'ornement. D'autres demandent plus de soins, et les voir confinées dans des pots... C'est un peu comme voir un oiseau dans une cage. Comme priver une personne de son libre-arbitre. C'est inacceptable. »

Sa voix gagne en fermeté sur ces mots. La dernière comparaison lui échappe un peu : elle paraît sortir de nulle-part, mais à la réflexion, elle n'est pas si déplacée, au contraire. La liberté est une composante essentielle de chaque être vivant, et ce n'est pas moins important pour une plante d'avoir celle de s'épanouir que pour un humain, celle d'agir et de penser. Elle n'essaie pas, par ailleurs, de faire passer son acte pour un noble geste de justice : ce n'est jamais que la vérité et elle n'a pas agi par héroïsme, mais par nécessité.

« Je suggère des marantas, ou des calatheas en remplacement. Ou mieux, une plante en plastique. » Son regard vert plonge dans les yeux de l'autre homme, le jaugeant silencieusement avant d'entrer dans le vif du sujet à son tour. « Que me voulez-vous, si vous n'êtes pas fâché ? Une simple réponse ? Je ne compte pas vous rendre les plantes, ni offrir compensation. Croyez-moi, elles sont mieux là où elles sont, et je ne considère pas vous devoir dédommagement, à vous ou... la personne à qui elles appartenaient. »

Son absence totale de remords n'est peut-être pas la meilleure façon de l'amadouer, mais elle ne mentira pas là-dessus : si c'était à refaire, elle le referait.

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Connor
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Message(#) Sujet: Re: Human nature (pamela) Ven 23 Nov - 20:41

Connor sentit qu’il y avait une amélioration. Elle semblait plus encline à lui parler, tout à coup, quoique pas vraiment détendue. Mais c’était un bon début ! L’androïde avait vraiment envie de la connaître, mais il ne saurait dire si c’était sa programmation qui le voulait aussi ouvert aux autres, dans le but de mener à bien ses enquêtes, ou si c’était bien lui. Il avait encore beaucoup de chemin à faire pour découvrir qui il était. Il pencha légèrement la tête sur le côté, attentif et curieux, lorsque l’inconnue tendant une main vers lui. Son regard se fit légèrement surpris lorsqu’il vit les lierres, qu’il suspectait étrangement actives un peu plus tôt, s’enrouler autour de son poignet, faisant éclore une fleur dans le creux de la paume de la jeune femme. Une vision extrêmement belle et douce, et il ne put empêcher un léger sourire étirer ses traits.

L’androïde avait compris que ce monde abritait un nombre incalculable de choses étranges, qui n’étaient pas dans ses banques de données. Un monde nouveau, pour un regard nouveau. Même s’ils n’avaient pas encore trouvé Alice, avec Kara, Connor ne pouvait pas dire qu’il détestait être à cet endroit. Il y avait beaucoup d’adaptation, mais ce monde avait un certain potentiel. Elle lui expliqua alors. Et il comprit beaucoup mieux ses étranges agissements. Peut-être qu’entrer chez les gens par effraction étaient contre la loi, et il avait été programmé pour la respecter, mais il comprenait. Elle lui suggéra quelques remplacements et fidèle à lui-même, Connor enregistra ces informations. Il n’avait pas abandonné l’idée d’égayer un peu la triste demeure de son ami disparu, mais il était préférable qu’il ne refasse pas la même erreur.

« Je vous crois sur parole », répondit-il, un doux sourire étirant toujours ses lèvres, lorsqu’elle lui assura que les plantes qu’elle avait volé étaient mieux là où elles étaient maintenant..

Elle s’y connaissait probablement mieux que lui, même s’il possédait une quantité astronomique d’informations emmagasinées dans ses circuits, il avait été programmé pour aider le corps policier. Certaines choses lui échappaient, et se retrouver devant quelqu’un avec une telle connexion avec la nature était tout à fait nouveau. Et intéressant.

« Et je ne vous demande rien, rassurez-vous. J’essaie simplement de comprendre », fit-il, sincère.

Comprendre. Apprendre. Encore une fois, il était supposément le plus performant androïde de CyberLife, mais il lui restait tant à apprendre et à découvrir. Déjà, il devait trouver sa propre voie. Se considérer comme une entité unique était nouveau. Mais c’était ce que voulait dire être déviant. Il allait devoir découvrir qui il était. Puisque la jeune femme s’était ouverte à lui, en lui montrant qui elle était, Connor décida par lui-même de lui rendre la pareille. Il ne s’agissait pas d’une décision rationnelle, elle avait sa part de risque, et il avait été conçu pour évaluer ce genre de risque. Les humains ne prenaient pas nécessairement bien le fait qu’il y ait des androïdes déviants. Ou simplement des androïdes, ici.

Connor avait dû faire face à énormément de méfiance et d’incompréhension, depuis son arrivée. Dans son monde, les siens avaient été conçus pour servir les humains, ils étaient omniprésents, mais sous contrôle. Dès qu’il y a eu des incidents à propos d’androïdes sortant de leur code d’origine, tout avait changé. Heureusement, ils avaient pu se libérer. Ici, CyberLife était présent, mais n’avait pas autant de contrôle. La prudence était donc de mise, mais il avait décidé de faire confiance. En son instinct, en cette femme, à qui il n’avait pas hésité à proposer son aide, en la voyant mal en point.

« Merci de votre honnêteté. Je suis désolé si je vous ai froissée avec tout ça, ou avec mon insistance, ce n’est pas une vision des choses dont j’ai … l’habitude », fit-il, un peu plus songeur et hésitant.

Il leva alors la main pour retirer son bonnet, qui faisait définitivement tâche dans le décor en vue de la température, qu’il ne ressentait pas, dévoilant la LED bleue sur sa tempe, petite lumière toujours active qu’il n’avait pas réussi à se résoudre à enlever, geste symbolique qui voulait signifier la fin de l’emprise de CyberLife sur eux. Mais il n’y arrivait pas, même si ça lui permettrait de mieux se fondre dans la masse. La LED oscillait entre le bleu et le jaune, signe qu’il n’était pas aussi calme d’esprit qu’il pensait le montrer. Était-ce de l’inquiétude ? Probablement à cause du fait de pas savoir, ou plutôt ne pas arriver à prévoir, comment un interlocuteur pouvait réagir.
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