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 Bitch better have my money ▬ ft. Tim

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Bruce Wayne
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Message(#) Sujet: Bitch better have my money ▬ ft. Tim Mar 8 Mai - 21:11

Il cille. Une fois, deux fois. Pas de changement. Les chiffres sont erronés. Sauf que non, les chiffres n’ont jamais tort. L’erreur doit venir de lui. Il passe une main dans ses cheveux avec un soupir, et reprend. Peut-être qu’il n’est plus aussi bon aux calculs de tête qu’il pensait l’être. Rangeant son ego de côté, Bruce s’arme d’une calculatrice, les yeux rivés sur les montants affichés sur son écran d’ordinateur. Avant, il ne se serait jamais soucié des mouvements de ses comptes bancaires. Il aurait laissé cela aux bons soins de Lucius ou d’Alfred avec pleine confiance. Mais son absence d’activité nocturne lui alloue plus de temps libre qu’il ne sait qu’en faire et les premières semaines sont difficiles. C’est Alfred qui, le premier, lui suggère, non sans sarcasme (probablement fatigué de le voir faire les cent pas), de s’occuper comme les honnêtes gens :

« Pourquoi ne pas vous mettre au tricot ? Couper les haies ? Tenir vos comptes, peut-être, je suis sûr qu’il y a là de quoi vous occuper, master Bruce. »

Un léger rire s’échappe de ses lèvres.

« Si tu essaies de te décharger de ton travail sur moi, il va falloir que je recalcule ton salaire à la baisse, Alfred. »

Le majordome arque un sourcil, l’air outré.

« Et faire une croix sur mes vacances à Malibu ? Je n’oserais. »

Le sourire qui étire les traits de Bruce en réponse est sincère quoique nostalgique. C’est un running gag entre eux qu’Alfred ne prend jamais de vacances – Dieu sait qu’il les mériterait pourtant. Si Bruce pouvait lui en donner l’ordre, il l’aurait fait depuis longtemps, mais il sait de qui il tient son entêtement, et il reconnaît un combat perdu d’avance quand il en voit un.


Il s’avère que les chiffres l’apaisent. Leur logique est implacable, rassurante. Il tient compte de toutes les entrées et sorties d’argent, où il va et d’où il vient. Il apprend à repérer de potentielles économies (non pas qu’elles soient nécessaires), à déplacer des dépenses qui, à Oblivion, n’ont plus lieu d’être.

C’est ainsi qu’une anomalie le frappe. La première fois, c’est trop insignifiant pour qu’il y prête attention. Des petits montants qui disparaissent ici et là sur un compte qu’il utilise peu, c’est surprenant mais pas inusuel. La deuxième fois, les différences observées sont un peu plus alarmantes, et il est convaincu ne pas être à l’origine de tels mouvements. Quelques centaines d’euros dans un magasin multimédia ? Quelqu’un se fait plaisir à son insu, et à ses frais.

Toute personne normale en aurait averti la banque et aurait bloqué le compte en question.

Bruce, bien évidemment, n’en fait rien. Il n’admet pas que l’inaction le ronge, qu’il sent ses muscles s’atrophier sans leur exercice habituel et son cerveau se languir en l’absence d’un challenge, il n’admet pas qu’être Batman lui manque, que Gotham tout entier lui manque, que tout prétexte à sentir l’adrénaline courir dans ses veines est bon à prendre. Emmuré derrière son déni, il accuse sa naturelle curiosité, et laisse faire les choses. Observateur dans un premier temps, il analyse avec attention les sorties d’argent, et dans son esprit dessine déjà le portrait de son voleur. Jeune, désinvolte, et un tantinet immature : plutôt que de profiter de ressources illimitées pour s’offrir une meilleure situation, il dépense en fast food et consoles de jeux, s’abonne à Netflix et passe plus de temps au cinéma qu’il ne lui paraît sain. Clairement, il ne vit pas dans le besoin : aucune de ses dépenses ne lui semblent être de l’ordre du nécessaire ou vital.

Lorsqu’il en sait suffisamment, et que son traceur IP lui communique l’adresse depuis laquelle le petit malin jouit de son argent, Bruce décide qu’il est temps de lui rendre visite, et de lui apprendre les bonnes manières.

C’est de plein jour, et sans autre déguisement que des habits passe-partout qu’il se rend au point donné. Un simple foulard sur le bas de son visage lui confère anonymat face aux caméras situées dans l’immeuble. A Gotham, cela n’aurait pas suffit : le visage de Bruce Wayne était partout, sur la première des journaux comme sur les façades de bus, personne ne pouvait passer à côté. Ici en revanche il est à peine plus que le citoyen le plus lambda, et uniquement parce que le manoir est difficile à dissimuler.

Le quartier n’est pas riche, mais loin d’être pauvre également, et l’immeuble est en bon état. Récent. Le millionnaire s’arrête net devant une porte, le gps de son téléphone clignotant silencieusement sa destination. Une épingle à cheveux, quelques secondes de patience, et la porte s’ouvre dans un déclic discret. Pas très légal comme approche pour Bruce Wayne, mais un regard au travers du vasistas, et son voleur aurait eu le temps de prendre les jambes à son cou avant qu’il ne puisse décider si le logement était occupé ou non. Si son voleur veut faire les choses en douce, ils peuvent être deux à ce jeu. C’est ce dont il se convainc en tout cas, et ce n’est certainement pas parce que Batman ne s’était jamais donné la peine de toquer à une porte.

Il s’introduit sans peine, avec une discrétion à toute épreuve malgré l’absence de ténèbres dans lesquelles se fondre. Il ne lui faut pas longtemps avant de trouver son coupable : dos tourné, une manette de jeux en main, concentré sur son écran, il ne semble pas avoir remarqué sa présence. Bruce croise les bras avant de se racler la gorge, dissimulant à peine le sourire satisfait dans sa voix lorsqu’il annonce calmement :

« Bruce Wayne, hm ? Pas exactement ressemblant. Si mes calculs sont corrects, tu as 16 597 dollars et 55 cents qui m’appartiennent. Intérêts non inclus. »

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Message(#) Sujet: Re: Bitch better have my money ▬ ft. Tim Mar 8 Mai - 23:09

Les journées de Tim sont bien trop longues entre ses études et ses recherches pour cloner Conner. Ses nuits bien trop courtes. Jongler entre les patrouilles, enquêter pour le compte de Jack Napier et sa propre vie de geek nocturne. Tim ne dort pas beaucoup, mais suffisamment parce qu'il sait que son esprit a besoin de repos pour que son cerveau fonctionne dans la meilleure utilité possible. Et que son corps lui même perdrait de ses réflexes s'il est trop fatigué. Un génie comme Tim a besoin de son agilité et de sa tête.

On ne peut cependant pas dire qu'il soit à plaindre. Devinez qui paye le studio où il vit ? Le compte bancaire de Bruce. Ecoutez, quand il s'est retrouvé à Oblivion, il avait toujours la carte de son père adoptif, qu'il lui avait emprunté -avec permission- pour du matériel informatique « vital ». Tim ignore s'il a accepté pour qu'il le la laisse tranquille, de bon cœur ou bien par culpabilité depuis son départ ? Est-ce que Batman est capable de se soucier de ce que ressent un de ses Robin ? Bien sûr, même s'il ne le montre pas. Aussi expressif qu'une porte de prison. Mais ce n'est pas grave, Tim l'est assez pour deux, au grand drame de son mentor, parfois. Quoi qu'il en soit, Tim n'est jamais revenu du magasin et c'est retrouvé à Oblivion. Une part de lui se dit que c'est bien fait, Bruce peut enfin comprendre ce qu'il a ressenti quand il s'est fait passé pour mort. Mais le culpabilité le prend dès que ces pensées traversent son esprit. Timmy est injuste. C'est quelque chose qu'il ne souhaite à personne et encore moins à lui. L'adolescent sait qu'il doit se faire un sang d'encre. Après tout, Bruce a déjà perdu Jason et ne pourrait supporter de voir disparaître un autre de ses protégers. A l'époque, il avait longuement hésité à le prendre sous son ailes, pour ce genre de raisons.

Le manoir Wayne est étrangement présent à Oblivion. Tim aurait pu s'y installer, après tout, Bruce n'y est pas Mais … Mais quelque chose le retient. Le jeune justicier préfère finalement alterner entre son studio et la tour des titans. Il y est seul et passe beaucoup de son temps. Leader du groupe, il peut de toute manière se le permettre. En plus de retrouver ces lieux qu'il connaît, le compte de Bruce est toujours présent en banque. Alors Tim c'est meublé, c'est racheté tout son matériel informatique. Et bien d'autres. Consoles, jeux, bouffes. Quoi ? Ca aussi c'est important. Un loisir bien mérité si vous voulez son avis. Et d'autres consoles dont il n'a pas l'utilité et qu'il revend ensuite pour du matériel plus scientifique. Du matériel qu'il ne peut se permettre de prendre directement sur le compte de Bruce. Parce que si un jour il se retrouvait ici, il comprendrait immédiatement à quel jeu est en train de jouer son protéger. Cloner Superboy. Et Tim n'avait aucune envie de devoir affronter le froid de Bruce Wayne, tinté de déception et de jugement.

Ce jour là, un samedi, journée pour lui. Rien d'autre que de la détente. Tim en avait profité pour s'accorder une de ses rares grasse matinée. 11H quand il se réveille, il prend rapidement une douche avant d'allumer son ordinateur et sa console de jeu. Bouteille de coca d'un côté, thé dans l'autre main, il tache de se réveiller comme il le peut. Baillant à gorge déployée, le jeune homme consulte ses mails, quelques vidéos youtube et termine par son petit tour de forums. Ah, une réponse sur le forum du seigneur des anneaux. Simon …. Tu abuses ! Pourquoi est-ce qu'il faut toujours qu'ils partent dans du drama comme ça ? Ah les rpgistes ! Tim renifle et frotte ses yeux larmoyants. Quelle honte. Il lève les yeux au ciel. Et bien heureusement qu'il n'y a pas de témoin. Allumant discord il constate plus d'une centaine de messages non plus dans leur conversation commune avec Simon et Peter. Il grimace, mais ils vivent la nuit ou quoi ?

Super Titi a écrit:
C'est quoi ces réponses ? Les gars, vous êtes vraiment des HORRIBLES personnes .__. Vous bousillez mon cœur de bon matin ! D :

Tim hésite à répondre au RP puis finalement il reste un peu sur youtube, tout en jouant à un jeu vidéo. ET en travaillant sur ce que lui avait demandé Felicity. Après tout, il a décroché son stage à Palmer Industries. Se rapprocher de la partenaire de Green Arrow pour voir si la Justice League et dans le coin et de quels univers ils viennent … Ah Timmy, tu es si intelligent. Zigzagan entre ses trois activités, il rigole tout seul en voyant une petite vidéo et l'envoi à ses deux amis.
Super Titi a écrit:
C'est moi quand mon père veut ma peau ! LOL
https://www.youtube.com/watch?v=Hqg4IdULbIQ&feature=youtu.be

Il aurait juste fallu que ce soit un rouge gorge et ça aurait été parfait. Tim manque de recraché son verre de coca et met immédiatement pause sur la video du pigeon, en entendant une voix derrière lui. Qui n'est pas inconnue. Il se retourne brusquement, manquant de faire un tour de tête de 90°.

Choqué, Timmy pose son verre et se lève. Caché sous son foulard, Tim peut tout de même reconnaître cette figure autoritaire, austère et sombre. Il cligne des yeux et pousse un soupire, une main sur son cœur.

« Bruce ? Mais ça ne va pas non ? J'ai faillis de faire une crise cardiaque. » Malgré sa rancune passée, un doux sourire orne ses lèvres. « Quand est-ce que tu es arrivé ? A Oblivion je veux dire, pas chez moi. » Une moue plus boudeuse se forme sur ses lèvres. « D'ailleurs, comment tu m'as retrouvé ? …. Question bête. » Il lève les yeux au ciel et pose son regard sur son ordinateur. Il a du le hacker. C'est Batman après tout. « Tu sais, les portables ça existe ? Ou même me contacter sur internet. Je n'aurais pas fermé la porte au nez, mais préviens quand tu passes. »

Il aurait préparé le thé et les petits biscuits. Timmy, Timmy, ne prend pas trop tes aises, non plus. Surtout qu'il paie tout avec l'argent de Bruce. Le jeune Titan remarque cependant que quelque cloche. Et mince. A la manière dont il le regarde, Tim prend conscience que Batman n'a pas la moindre idée de l'identité de son interlocuteur. Peut-être le Bruce du même monde que Diana. Génial, vraiment, génial ! Encore une fois, il a parlé beaucoup trop vite. Même erreur à quelques semaines d'écart.

Et maintenant, il se sent particulièrement ridicule avec son short noir et son vieux haut …. de Superman. Quoi ? Son père biologique lui avait offert quelques années avant sa mort et Tim ne s'en était jamais séparé. Mais dans de telles circonstances, ça fait …. ça fait ….. OH LA HONTE ! Confus par toute cette scène, le rouge lui monte rapidement aux joues. Un autre Bruce, qui ne le connaît pas. Okey, il peut être en colère pour son argent.

« Okey … Okey. Stop … On recommence. » Tim lève ses mains en signe de paix. « Attend  … Je vais te montrer quelque chose, ce sera plus simple pour expliquer qui je suis ... »

Tout en gardant un coup d'oeil vigilant vers Bruce, Tim ouvre son placard et écarte ses vêtements. Il tire une des planches au fond, pour sortir d'une petite cachette, le costume de Red Robin. Il lui tend avant de reprendre la parole après un instant de silence.

« Red Robin, un justicier de Gotham. C'est toi qui m'a formé. Enfin, un autre Batman, de toute évidence. Je suis Tim Drake. Avant de vouloir me faire la morale pour l'argent …. Tiens. »

Dernière preuve qu'il peut lui apporter, Tim lui donne sa carte d'identité qui traînait sur son bureau. Timothy Drake-Wayne. Il aurait voulu lui apprendre autrement, plus en douceur, mais étrangement, là, il préfère plutôt prévenir que guérir. Et Bruce est assez expérimenté pour constater que ce n'est pas une fausse carte. Bien sûr, il aurait pu la faire lui même. Mais quelle serait l'utilité ?

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Message(#) Sujet: Re: Bitch better have my money ▬ ft. Tim Lun 21 Mai - 1:36

Voilà une réaction… inattendue. Bruce ne s’imaginait pas vraiment, en entrant par infraction chez un parfait inconnu, à être accueilli comme une connaissance de longue date. Visiblement, il y a erreur sur la personne, ce qui le confirme dans son hypothèse des mondes parallèles. Il doit s’agir d’une autre version de lui. Il baisse le foulard qui n’a plus d’utilité, mais n’esquisse pas d’autre geste, noyé sous le flot de paroles du jeune homme qui s’agite dans tous les sens devant lui. Étrangement, il lui rappelle quelqu’un qu’il a connu, quelques années en arrière, bien qu’il soit incapable de mettre le doigt dessus et de dire de qui il s’agit. Sourcils froncés, intrigué mais silencieux, il observe le garçon, s’arrête un instant sur le logo de son t-shirt sans relever (Superman a toujours été beaucoup plus populaire que le chevalier noir, et cela lui convient parfaitement), tâchant de trouver dans ce discours confus des pistes quant à la relation qu’il est supposé avoir avec lui, ou en tout cas que le garçon pense avoir. Par chance, son interlocuteur semble vite réaliser son erreur. Ce qui ne peut signifier qu’une seule chose : il l’a déjà commise par avant. Intéressant.

La suite l’est tout autant, sinon plus. Bruce est méfiant, mais n’esquisse pas un geste en voyant le jeune homme approcher de son placard. Il est suffisamment confiant en ses réflexes pour se défendre s’il en sort une arme quelconque, mais ses intentions semblent sincèrement pacifiques. Lorsque le costume de Red Robin lui est offert, une boule vient se loger dans sa gorge, et soudainement Bruce se sent bien moins confiant, envahi par une faiblesse qui ne lui ressemble pas. Il saisit le tissu entre ses mains presque avec révérence, et très vite aperçoit les détails qui différencient ce costume de celui qu’il a connu, mais la ressemblance est suffisamment frappante pour ne pas s’y méprendre, et les matériaux utilisés tout comme l’emplacement prévu pour les gadgets trop bien conçu pour n’être qu’une réplique.

C’est dans le même silence qu’il s’empare de la carte proférée. Timothy Drake-Wayne. Bien sûr, cela pourrait être une fausse, mais son expertise dans le domaine est suffisamment poussée pour lui souffler que non, ou si c’est le cas, elle est remarquablement réussie. Mais il n’y a pas que ça. Son intuition lui murmure que le garçon ne ment pas, et Bruce a appris à s’y fier. Ce sentiment de reconnaître l’autre, ses attitudes, ses intonations, quelque chose d’imperceptible, à peine plus qu’un pressentiment… il y a quelque chose dans ce mélange d’énergie volubile et d’honnêteté innocente qui lui rappelle Tim, son Tim, quelques années auparavant. Son fils, peut-être pas en sang ni en nom, mais sur tous les points qui importaient.

Penser à Tim le renvoie à une absence cruelle, à leur dernière confrontation et à des paroles, des gestes, que Bruce n’a eu de cesse de regretter depuis. Le vertige qui le traverse est violent bien qu’il en cache les effets. Il rend la carte au jeune homme, le but de sa visite momentanément oublié. Il secoue la tête.

« Je suis désolée. » Pourquoi s’excuse-t-il ? « Je ne suis pas le Bruce Wayne que tu as connu. Et tu n’es pas le Tim Drake que je connais. »

L’omission – qui n’en est pas une – du Wayne est déjà un aveu. Ce n’est pas que l’idée ne lui a jamais traversé l’esprit, mais après Jason… Une affiliation avec la famille la plus influente de Gotham pouvait être une bénédiction comme une malédiction. Pour autant, il n’avait jamais fait de différence de traitement entre Dick, Jason et Tim.

Que dire de plus ? Père et fils et pourtant parfaitement étrangers l’un à l’autre. Ce genre de discussion n’a jamais été le fort de Bruce. Il n’a pas envie de se prendre d’affection pour ce Tim qui n’est pas le sien, hanté par le sentiment peut-être absurde que ce serait comme trahir et remplacer celui qu'il a élevé et entraîné. Les paroles de Jason résonnent encore dans sa tête, dures et douloureuses, et Bruce ne tient pas à revivre ça. Il regagnera son monde, coûte que coûte. En attendant, toutes ses rencontres ici… ne sont rien d’autre que ça. Des visages temporaires, voués à devenir souvenirs puis fantômes du passé. S’attacher ne serait rien d’autre que contre-productif. Déposant délicatement la tenue de justicier sur le dos du canapé, il fait un pas en arrière. Son visage se ferme : la distance n’est pas que physique.

« En revanche, il s’agit de mon compte que tu utilises. Et il me semble que tu as passé l’âge pour vivre au crochet des autres. »
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Message(#) Sujet: Re: Bitch better have my money ▬ ft. Tim Mar 22 Mai - 0:04

Assez observateur pour voir l'infime changement sur le visage de marbre de Bruce quand il lui passe le costume de Red Robin, Tim reste silencieux. Qu'est-ce qu'il peut bien se passer dans la tête de son mentor ? La réponse lui paraît évidente. Un costume qui lui rappelle une autre personne, un autre Tim dans une autre dimension. Après tout, s'il y a plusieurs Bruce, alors pourquoi pas lui même ? Des tonnes de questions se bousculent dans sa tête alors qu'il meurt d'envie de lui demander quelles sont les similitudes et différences avec le Tim de son monde. Il trouve cela parfaitement excitant. Son esprit scientifique a besoin de connaître chaque détail. Mais le jeune justicier a tout de même assez de sagesse pour respecter son silence et en faire de même. Alors qu'il l'observe, un goût amer lui monte dans la gorge qui se noue alors. Le deuil. Est-ce qu'il est mort dans son monde ? L'hypothèse le touche plus qu'il ne le devrait. Allons Timmy, pas de conclusion hâtive. Mais il connaît assez Bruce pour comprendre chacune de ses expressions, même celles qu'il souhaite dissimuler. Quelque chose cloche. Si Batman a perdu son Robin … Une nouvelle fois, alors … Il aura perdu sa stabilité.

Automatiquement, répondant à ses instincts, il amorce un pas en avant, levant la main qu'il s'apprête à poser sur son bras dans un geste qui se veut réconfortant … Avant d'être tout simplement coupé dans son élan. Bruce vient de lui rendre sa carte d'identité, tout en s'excusant. De quoi ? Ouvrant la bouche pour prendre la parole, Batman est plus rapide que lui. Il n'est pas son Bruce. Tout comme lui, il n'est pas son Tim Drake. Tim sent son cœur se serrer. L'omission du Wayne dans son nom, alors qu'il vient de lire sa carte est forcément volontaire. Ce qui signifie quand son univers, il n'a pas adopté le jeune homme. Mais lui, il voit cette phrase encore plus loin. Ca signifie qu'ici non plus, il ne sera pas son fils. Il ne sera pas son Tim. Sa mâchoire se crispe alors que sa main serre la carte avec plus de force qu'il ne le devrait. Même sa respiration semble coupée pendant un petit instant. Une constatation qui le ramène dans de douloureux souvenirs, où Bruce c'est fait passer pour mort alors qu'il n'avait pas encore fait son deuil de Conner. Des souvenirs où un Damian Wayne a surgit dans leur vie, où Tim c'est bien vite senti en trop dans cette famille où il n'avait finalement sa place. Quant il a prit la décision de partir, Bruce ne l'a pas retenu. Peut-être à cause de la gêne qui c'était installé entre eux, pour ne pas avoir à s'imposer cette conversation.

Un sentiment de solitude et de trahison qui l'a consumé peu à peu, laissant grandir sa rancoeur, son impuissance et sa souffrance. Une famille qui commençait à se perdre pour finalement se déchirer lorsqu'il est arrivé à Oblivion. Tim c'est même demandé combien de jours seraient passés avant que Bruce ne remarque sa disparition. Un autre Bruce se présente alors à lui et l'ironie du destin veut qu'ils tombent dans le même problème. S'il n'était pas aussi prit au dépourvu par la situation, il en aurait rit jaune.

Inspire, expire. Beaucoup moins discret dans ses sentiments, plus expressif que la figure autoritaire et distante devant lui, Tim essaie de garder le peu de contenance qu'il lui reste. Le silence s'installe où il ne dit rien pour le contredire, rien pour se défendre ou lui faire part de son mécontentement. Que dire de toute manière ? Ce n'est pas comme s'il avait tort au final. Allez Timmy, bouge de là. Se forçant de sortir de sa torpeur, il retourne ranger sa carte d'identité dans son sac et la tenue de Red Robin dans son placard après l'avoir récupéré sur le canapé. Ce qui occupe ses mains mais pas son esprit.

Au moment où il se retourne une nouvelle fois vers lui, la dernière phrase lui fit l'effet d'un coup de poignard. Il écarquille les yeux et le regarde, complètement abasourdi.

« Tu … Pardon ? » Il ouvre la bouche et la referme, choqué par les propos. Quoi ? Sérieusement ? « Vivre au crochet des autres ... » répète-t-il bêtement. Sérieusement ? Après ce qu'il vient de lui faire comprendre ? Blessé dans ses sentiments, un rire amer s'échappe de sa gorge.

Les deux étaient là à la mort de son père. Ils étaient là tout en étant arrivés trop tard. Ce jour fatidique où Bruce l'a serré contre lui, pour qu'il cesse de regarder le corps inerte de son père. Un événement qui a décidé Bruce à l'adopter par la suite, lui offrant une image plus sincère qu'un mentor, celui d'un père. Bruce lui a offert foyer, protection et accès aux études supérieurs. Il lui a offert confort et … amour. Autant qu'il soit capable d'en donner, avec toute la maladresse qui le représentait.

Le seul argent qu'il touchait, c'est celui de Bruce c'est vrai. Mais c'est lui qui lui a donné tout ça. Ce n'est pas comme s'il c'était imposé en tant que fils. Au contraire, le gamin de l'époque avait été plutôt réticent. Non, il ne vit pas à son crochet. Il est sa famille. Il l'était du moins. Avant que les choses dégénèrent et que Tim ne sente plus le lien qui les liait.

Et se retrouver face à un Bruce qui ne le reconnaît pas, qui ne l'accepte pas … Ca fait plus mal qu'il ne voudrait bien l'admettre. Il lève les yeux au ciel pour cacher le flot d'émotions qui le submerge. Peut importe le Bruce qui est devant lui, au final, ça revient au même. Pour l'un comme pour l'autre, il n'ai pas Timothy Drake-Wayne.

« …. Et bien en tout cas, vous êtes bien semblables tous les deux. Toujours aussi maladroit. » Malgré sa peine, sa voix reste douce et posée. Un peu tremblante peut-être, trahissant ses sentiments.

Tim se détourne pour chopper de quoi se changer et ferme la porte de la salle de bain derrière lui. Il inspire de nouveau, passant ses doigts contre ses paupières, faisant disparaître les larmes qu'il avait retenu. Trop honteux et gêné pour les laisser couler devant lui. Allez Timmy, t'es un homme ! Il y a pire dans la vie ! Il se change rapidement, jetant son pyjama Superman dans la panière de linge à laver. Il ressort de la salle de bain quelques instants plus tard et sans lui accorder un regard, il trifouille sur son bureau.

Finalement, Tim lui tend la carte bancaire.
« Tiens, c'est celle là. Elle est à toi. » Sa voix est plus froide qu'il ne voudrait. Mais au final, peu importe, son cerveau a déjà trouvé une autre solution. Dans ses études en journée, en patrouille ou dans ses recherches pour cloner Conner la nuit, il n'a pas le temps de trouver un petit boulot. Mais ce ne sera pas un problème pour lui de pirater la banque et déloquer le compte sur lequel l'héritage légué par son père biologique deviendra étrangement disponible. Normalement, il ne devait pas y toucher avant ses 21 ans, mais on va dire que c'est un cas de force majeur. Oui, au final, il n'a pas besoin de Bruce ! …... Même lui n'y croit pas. Ca ne sert à rien d'essayer de se convaincre. Tim est trop rationnel pour rester dans le déni. Bien évidemment qu'il a besoin de lui. Mais pour le moment, c'est impossible. C'est comme ça depuis un bon moment maintenant.

Il secoue la tête et prépare le thé dans la petite cuisine au fond du studio. Il lui tend une tasse. Au bruit étrange que fait sa théière, Tim la déplace rapidement. Seigneur, il lui faudrait un Alfred. Bref, il lui sert une tasse et la lui tend.

« Mais sois pas maladroit au point de me faire rembourser. Non parce que dans ce cas là, si je dois te rendre toute la somme que j'ai pris sur tes comptes, faut commencé dès mes 15 ans et là je n'ai plus qu'à vivre sous les ponts. » Le sarcasme se fait entendre dans sa voix.

Faux, il irait dans la tour des Titans. Mais il veut surtout lui montrer que ce qui est dérangeant pour Bruce, est naturel chez Tim. Parce qu'un partie de la fortune Wayne était à sa disposition tout simplement. Parce qu'il est son fils. Etait.

« Ecoute, je ne suis pas ton Timothy, je l'ai compris. Mais … Tu ne peux pas non plus faire comme si de rien était. Je ne suis pas un visage parmi tant d'autres. Cette distance que tu veux imposer … Je ne te laisserais pas le faire. Ca n'arrivera pas. Tu restes Bruce Wayne, c'est comme ça. S'il te faut du temps pour l'accepter, alors prend le. Mais alors quoi ? Tu vas faire comme si tu ne m'avais pas vu ? Allons Bruce ... »

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Message(#) Sujet: Re: Bitch better have my money ▬ ft. Tim Mer 30 Mai - 20:19

Maladroit, Bruce l’est très certainement. Peut-être que s’il avait pris la direction d’un psychologue au lieu de suivre la voie de justicier nocturne il n’en serait pas là. Depuis le traumatisme d’enfance qui avait posé les fondations de ce que sa vie allait devenir, il s’était emmuré dans quelque chose qui n’était définitivement pas sain, transformant le chagrin et le deuil en une colère sourde et un besoin féroce de s’assurer que personne ne traverserait ce qu’il avait traversé. Sa cause était devenu un leitmotiv, une raison de vivre, quelque chose de trop grand pour lui, quelque chose qui dépassait tout le reste. Il n’avait pas surmonté, il n’avait pas guéri, il avait simplement trouvé une autre façon d’utiliser sa peine. Il en avait résulté un être émotionnellement torturé, avec un désir évident de se lier aux autres, et l’incapacité de le faire – autant parce qu’il se l’interdisait, refusant de mettre ceux qu’il aimait en danger – que parce que la peur de les perdre l’en empêchait. Pour tous les efforts qu’il avait fait pour être un bon père, il était conscient qu’il n’avait jamais su se départir de cette aura de froide distance qu’il arborait. Dick, Jason, Tim… il était fier de ce qu’ils étaient devenus, et espérait pouvoir clamer au moins une part de responsabilité dans cela, mais il savait exactement comment et quand il avait failli dans son rôle de père comme de mentor. Et c’était là, dans le regard blessé du jeune garçon qui faisait de son mieux pour ne pas montrer l’effet que ses phrases avaient sur lui.

Pour autant, Bruce refuse de revenir dessus. Tôt ou tard, les choses rentreront dans l’ordre, Tim retrouvera son Bruce, et lui ne sera plus qu’un mauvais souvenir d’une réalité alternative. C’est important, pour l’un comme pour l’autre, de ne pas se perdre dans ces versions parallèles, de ne pas se nourrir d’illusions : ils ne se connaissent pas. Ils n’ont rien vécu ensemble. Dans ces milliers d’infinis, au milieu de toutes ces possibilités, tous ces mondes, les probabilités qu’ils aient choisi des voies totalement opposées sont innombrables. Le costume qu’il peut presque encore sentir entre ses doigts, bien sûr, dit le contraire. Les similitudes tendent aussi à prouver que, peu importe de quelle réalité il vient, leur personnalité, leur relation n’est pas si différente. Dans un sens, cela rend les choses pires. Ce serait tellement plus aisé de l’ignorer si son Tim et celui-ci n’avaient rien en commun.

Lorsque le jeune homme réapparaît, proprement habillé, Bruce est toujours dans ses pensées, le visage fermé, complètement inaccessible, ne semblant reprendre vie qu’au son de voix de son interlocuteur. Il récupère la carte qu’on lui tend, et si ses doigts le démangent un bref instant de la rendre, il n’en fait rien. Pas question de faiblir. Si ce Tim est aussi pourvu de ressources que celui qu’il connaît, il n’aura aucune peine à rebondir et gagner son argent. Il ne s’agit bien sûr pas de le mettre à la rue, et Bruce se promet de veiller à ce que ce ne soit pas le cas, mais revendiquer son indépendance en travaillant à gagner sa vie ne peut pas lui faire de mal.

Le garçon profite de cet instant pour s’éclipser en direction de sa cuisine, et Bruce reste un temps indécis, se demandant si c’est une façon de le congédier ou s’il est supposé attendre son retour. Il est sur le point de prendre sa décision quand le jeune Red Robin revient vers lui, une tasse de thé fumante à la main. Mais la courtoisie de son offrande est contrebalancée par le sarcasme dans sa voix. Bruce accepte la tasse les sourcils froncés. La façon dont le garçon prononce son nom est si terriblement familière qu’il en ressent un pincement au cœur. Comment peut-il se montrer aussi désinvolte, lui parler comme s’ils se connaissaient depuis toujours ?

« Comprends bien que je ne fais pas ça par cruauté. Et tu ne me dois rien de ce que t’a apporté ton B- ton père. Cela ne concerne que vous deux. »

Il marque une nouvelle fois la distance, se détache du problème. Il n’y a pas lieu de faire de rapprochement : il n’était pas là lorsque le jeune homme avait quinze ans. C’est un passé, une réalité auxquels il n’appartient pas.

Il reconnaît l’entêtement de son propre Tim, la détermination, la loyauté qu’il lui a toujours vouée, cette façon de se montrer aussi borné que lui, aussi décidé. Mais ce n’est pas une discussion qui est ouverte au débat. C’est avec douceur mais fermeté qu’il ajoute :

« Je ne peux pas faire comme si de rien n’était, mais je peux choisir d’en laisser là les choses, et j’en ai l’intention. Je refuse qu’on représente l’un pour l’autre des remplacements des personnes qui nous sont chères. Je ne sais rien de toi, de ce que tu as traversé, de tes goûts, de tes rêves. De ta relation avec cet autre Bruce Wayne. De mon côté, je vois les similitudes entre toi et le Tim que je connais, et peut-être que nous ne sommes pas si différents de nos versions alternatives, peut-être même que nous avons vécu des aventures semblables. Peut-être pas. Mais que se passe-t-il le jour où nous retrouvons les nôtres ? Pour nous, pour eux ? »

Son regard s’assombrit. Et si ce jour n’arrive pas ? Il préfère ne pas y penser. Les choses sont suffisamment compliquées ainsi. En attendant, s’il est buté, c’est qu’il refuse d’avoir à expliquer à son entourage que pendant qu’ils étaient séparés, il a trouvé une version alternative des siens avec qui passer du temps.

« Je suis prêt à t’aider en cas de besoin – je ne me le pardonnerais pas s’il t’arrivait quoique ce soit, je l’admets. Mais je ne peux pas être celui que tu attends. Je peux juste t’assurer que je ferais tout pour que tu puisses le retrouver. »

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Message(#) Sujet: Re: Bitch better have my money ▬ ft. Tim Dim 17 Juin - 10:37

« Je n'ai jamais dit que tu es cruel. »

Non, pas cruel, mais Bruce est un homme qui sait imposer la distance, qui se montre froid et détaché des situations qui ne lui plaisent pas. Comme en ce moment où il s'efforce de faire comme s'il avait devant lui un étranger et non le protéger qu'il connaît si bien. D'un côté, Tim le comprend. Malgré qu'ils aient la même identité, les deux Tim sont forcément différents. Ils ne sont pas la même personne. Pourtant, ce n'est pas la bonne méthode. Malgré tout, il reste Timothy Drake. Les deux qui ont vécu des choses ensembles, peut-être bien différentes mais ils auraient très bien pu ne pas se connaître du tout.

La mâchoire du jeune homme se crispe, plus blessé qu'il ne le voudrait pas ses paroles. Laisser les choses telles quelles sont. Il ne compte pas s'investir, tout comme il ne compte pas le reconnaître. Parce qu'il n'est pas son Tim. Non, c'est vrai, le Bruce en face de lui ne connaît rien de ce qu'il a traversé. De l'année qu'il a passé. Peut-être que s'il le savait, son discours serait différent ? Ou peut-être pas. Sentimentalement, ils ont toujours eu du mal à se comprendre. Bien que réfléchit, Tim agit selon ses émotions, prenant en compte bien des facteurs et doté d'un grand sens de l'empathie. Pour Bruce, il a l'impression que sa vision des choses est plus radicale. Il y a ce qui est bien. Et ce qui est mal. Noir ou blanc. Mais les multitudes de couleurs entre les deux n'existent pas. Du moins c'est comme ça que Tim perçoit la chose. Et c'est pour ça qu'il est là lui, pour adoucir ce trait de caractère, pour apaiser la rancœur que Bruce ressent envers la vie. Pour l'empêcher de sombrer, tout simplement.

Mais maintenant, il en est à douté de qui est Bruce. Un homme capable des pires décisions si le point final est ce qu'il attend. Comme le jour où il c'est fait passer pour mort. Pendant temps de temps. Est-ce qu'il a eu le droit à un « Je suis désolé, Tim. » ? Bien entendu que non. Est-ce qu'il connaît la culpabilité au moins ? Parfois, Tim se demande s'il ne perdrait pas son humanité au cours de son avidité de justice. Le fait aussi qu'il n'ait pas scillé quand Damian Wayne est intervenu dans leur vie, décidant d'évincer Tim et de prendre le costume de Robin, d'une manière assez violente. Tout comme il n'a rien dit le jour de son départ du manoir. Il ne l'a pas arrêté, il n'a pas tenté de l'en dissuadé. Au final, les choses que Tim considère comme important … Bruce fait un barrage dessus. Un bouclier, pour qu'il n'ait pas besoin de s'impliquer, pour rester dans l'ignorance.

Ce ce que fait ce Bruce Wayne en face de lui. Parce qu'il est plus simple de ne pas savoir. Peu importe si la personne en face a l'air de souffrir, lui, il est protégé.

« C'est vrai, je ne sais rien de toi. Mais je suis persuadé que quelque soit l'univers, Batman a besoin de Robin. Que Bruce Wayne a besoin de ses protégés. Et quand nous retrouverons les nôtres ? Bruce, je ne connais pas ton Tim, mais honnêtement, je pense que s'il se retrouvait dans un autre monde, il aimerait un visage familier pour le soutenir dans cette épreuve. Que ce soit un Bruce qu'il ait connu ou non. Parce que comme tu le dis, il n'y a pas que des différences, mais aussi des similitudes, et ça, c'est quelque chose de rassurant. »

Pourtant, il admet qu'il a raison sur un point. Il faut savoir faire la différence entre les deux Bruce. Entre leurs histoires. Parce que la rancune que Tim a envers son mentor …. Cet homme n'est pas celui qui est en face de lui et il n'a pas le droit de lui en vouloir pour un acte qu'il n'a pas commit. Mais ça ne change pas que ça fait mal. Les mots peuvent être plus blessant que les gestes. Et encore un « on peut en rester là », c'est plus fort que lui, il fait le parallèle avec le Bruce de son univers. C'est comme si ses angoisses et ses peurs venaient de se matérialiser devant lui.

« Et si je ne veux pas le retrouver ? » La question est sortie toute seule, pleine de tristesse et de souffrance, le cœur serré. Tim est lui-même surprit par cette phrase prononcée à mi-voix. Il n'a jamais voulu exprimer ses sentiments et émotions à haute voix. Tout ce qu'il avait ressentit durant cette dernière année. La décès de Conner, la fausse mort de Bruce, tout ça, il avait tout gardé pour lui. Refusant de les accepter. Et il a eu raison. Quelque chose c'est pourtant brisé. Trop de mensonges, trop de souffrances. Et la venue de Damian a porté le coup de grâce. Il ne trouve plus sa place dans la Batfamily. Et Conner …. Ses recherches de clonage n'ont toujours pas aboutit.

Tim adresse à Bruce un regard presque choqué, par lui même, épouvanté d'avoir dit ça à haute voix.

« Je … Pardon ... » bafouille-t-il soudainement vraiment mal à l'aise. Le calme apparent qu'il avait gardé jusque là vient de voler en éclat, pour ne laisser que son trouble et son mal être. Tim sait qu'il n'a pas à s'en vouloir d'avoir prononcer ces mots, comme Bruce là dit : ils sont deux hommes différents. Mais il a surtout peur que maintenant que c'est sorti, le reste de ses émotions éclatent et s'exprime sans qu'il ne puisse l'en empêcher.

En effet, il se décompose déjà sur place, une lueur brillante d'émotion dans ses prunelles azurs. Ses mains tremblent et il s'empresse de croiser les bras. Inspire, expire !

« Tu … Tu devrais partir. » murmure-t-il la voix plus bloquée qu'il ne le voudrait. Avant qu'il ne dérape, Tim préfère une nouvelle fois rejoindre la salle de bain. Fermant la porte derrière lui, il s'accroche au lavabo et fait couler l'eau pour rincer son visage. Se mordant les lèvres, il porte une main à sa bouche, ravalant le sanglot qui menaçait de sortir.

Allons, Timmy ! Ressaisie toi ! Il se frotte les yeux et inspire bruyamment, rinçant de nouveau son visage. Il a tenu jusque là, ce n'est pas maintenant qu'il va craquer.


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Message(#) Sujet: Re: Bitch better have my money ▬ ft. Tim Ven 29 Juin - 22:52

Les réponses du jeune homme laissent Bruce un instant songeur. Batman a besoin d’un Robin ? Peut-être. Mais il n’est plus Batman. Est-ce que Bruce Wayne a besoin de ses fils ? Oui. Indéniablement. Mais les siens. Pas des substituts. Pas de parfaits inconnus portant le même nom. Ce qu’il a traversé avec Dick, Jason, Tim, le lien qui les unis… c’est quelque chose qui leur est propre. Les obstacles qu’ils ont surmonté et les victoires qu’ils ont célébré. Ce Tim là n’y a pas pris part. Et Bruce n’est pas très à l’aise avec ces multivers convergents et les différentes conséquences qui peuvent résulter de ces impossibles matérialisés. Tout cela sonne faux. Cet endroit ne devrait pas exister. Ils n’auraient jamais dû se rencontrer. De cela, il est certain.

Quant à son Tim… est-ce qu’il chercherait refuge auprès d’un visage familier, surtout le sien ? Après ce qui s’était passé, les mensonges par omission (toujours dans l’intérêt du bien général mais ô combien coûteux), les traîtrises (pour le protéger, toujours), les disputes ? Bruce avait renoncé à son identité pour le sauver, et il avait été prêt à renoncer à sa vie également. Mais est-ce que cela valait quelque chose à côté du reste ? Il avait toujours privilégié la logique au sentimentalisme. C’est pour cette raison qu’il est encore en vie, et que eux aussi. Bien que… il y avait eu des ratés aussi. Mais devenir justicier ne se faisait pas sans compromis. Il y avait un prix à payer, et ils le savaient tous, même si Tim, émotif, impulsif, avait plus de mal à l’accepter.

Il y a cependant quelque chose d’autre derrière tout ça, des non-dits que Bruce entend sans pouvoir les comprendre. Une histoire, un vécu. Une rancœur qui n’est pas adressée tant à lui qu’à ce qu’il représente. Qui il représente, pour le jeune garçon. Il a le sentiment que ce n’est pas la première fois qu’il se confronte à un rejet ou à cette distance, et Bruce en est désolé. Mais ce n’est ni sa place ni son rôle de changer ça. Alors quand la vérité explose sous la forme d’une question, innocente et pourtant révélatrice, Bruce se fige, la surprise évidente sur son visage. Qu’a-t-il fait, cet autre lui pour faire fuir le jeune garçon avec pourtant un besoin féroce et visible de s’accrocher à quelqu’un ? Son regard s’assombrit mais il reste muet. Réalisant trop tard la portée de ses propos, le jeune Robin se renferme sur lui-même, l’émotion brillante dans ses yeux. Un retrait tactique : cette fois, c’est lui qui cherche à se protéger. Lorsqu’il se barricade dans la salle de bain sans que Bruce ait pu placer un mot ou analyser plus longuement son aveu involontaire, le billionnaire comprend que sa chance est là. Sa chance de partir – il y est invité – et de passer à autre chose, sa chance de prétendre qu’il ne s’est rien passé, qu’ils ne sont rien l’un pour l’autre, et ne le seront jamais. Le garçon le détestera sûrement, mais c’est tout aussi bien : la colère l’aidera à surmonter cette épreuve, et lorsqu’ils retrouveront leurs mondes respectifs, il pourra régler ses comptes avec celui qui lui a fait mal le premier.

Il est temps de prendre une décision.

Pour tout ce qu’on peut dire de Bruce – qu’il est froid, distant, aussi démonstratif qu’une huître –, ce serait bien mal le connaître de le penser insensible ou indifférent. Il y a là, de l’autre côté de la porte, un jeune homme qui retient ses larmes avec peine, qui sent seul, et qui a besoin d’être guidé, voire soutenu. Il sait ce que c’est. Il est passé par là. Et il est devenu cette figure pour trois garçons tout aussi isolés et perdus. Jetant ses belles décisions en l’air, il pousse un soupir, serre les dents en maudissant son traître cœur, et s’approche de la porte pour la cogner doucement.

« Tim. » Une voix douce, mais ferme.

Il ne tente pas de rentrer, laissant à l’autre la décision de venir vers lui ou non selon ses termes. Il s’agit de lui faire savoir qu’il n’est pas parti. Qu’il ne compte pas partir. Pas tout de suite en tout cas. Il s’assoit au pied du mur, prenant garde à ne pas entraver la sortie de la salle de bain, et pose ses avants bras sur genoux légèrement repliés.

« Tu as le droit de ne pas vouloir le revoir. D’être blessé et furieux, quoiqu’il ait fait. Mais tu ne pourras pas fermer cette blessure si tu ne le confrontes pas, lui. Et me concernant… je ne veux pas que tu voies en moi une seconde chance. Quoiqu’il se soit passé, je ne peux pas réparer ses torts, je ne peux pas combler ses lacunes. »

Un pas vers lui, mais toujours sur la réserve. Ce serait facile de céder. Avec Batman hors du tableau, il pourrait faire ce qu’il n’a jamais pu faire, se concentrer sur sa vie personnelle. Se dévouer à être un bon père. Offrir aux siens toute l’attention qu’ils méritent. Nul doute que Tim lui en serait reconnaissant. Et puis ? Pour ensuite revenir à un Batman inaccessible, qui priorise le bien de Gotham sur sa propre vie ? Il y a certaines choses dont on ne revient pas. Cette expérience, qu’importe de quelle façon elle se finit… laissera des traces derrière elle. Il exhale lentement, ferme les yeux, appuyant sa tête contre le mur en arrière.

« Je pense que Tim – celui de mon monde – aurait des raisons de m’en vouloir aussi. Des raisons légitimes. Je ne suis pas un père parfait. Je n’ai jamais réussi à proprement jongler entre Bruce et Batman. Et Batman… Batman n’est plus. Je me dis parfois que j’aurais dû faire ce choix bien plus tôt, mais savoir que je pouvais faire tant pour Gotham et rester les bras croisés, je n’en étais pas capable. »

Bruce, ça suffit. Cette discussion, il ne l’a jamais eue avec personne. Pas avec ses fils, pas avec Alfred, tout juste avec lui-même. Trop de démons dans cette voie là. S’y engager ne pouvait mener à rien de bon. Mais ici, maintenant… il n’a plus rien à perdre après tout. Autant être honnête. Cela ne rachètera pas les vices du père absent, ce n’est pas le but, mais c’est une offrande, et peut-être un début d’explication.

« Mais s’il ressent de la rancœur, c’est à moi d’y faire face. Il en va de même pour toi. C’est injuste pour nous deux de reporter sur l’autre des émotions que nous avons refoulées, et ça ne résout rien. » Une pause. « Si tu veux vraiment que je parte... » Il ne termine pas sa phrase, mais la proposition est explicite. Drôle de changement de situation. Il n’a pas exactement changé d’avis mais… laisser Tim ainsi, sans chercher à comprendre sa détresse, sans l’aider ? Il ne s’en sent pas capable.

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Message(#) Sujet: Re: Bitch better have my money ▬ ft. Tim Sam 30 Juin - 22:13

Au fur et à mesure que Bruce lui parle, la détresse l'envahit. Ses mains se crispent sur le lavabo, il se mord les lèvres. Sa respiration est trop saccadée. Son cœur bat trop vite. Il inspire profondément pour se calmer. Doucement, ses paupières se ferment tandis qu'il se laisse glisser le long de la porte de la salle de bain, pour s'asseoir. Lentement, il tourne la tête vers la porte close, écoutant simplement les paroles de son mentor … De celui qui, dans un autre monde, est son père adoptif. Pour ce que ça vaut.

Toujours avec cette même lenteur, il ramène ses genoux contre lui, pliant ses jambes. Il croise les bras et pose sa tête dessus, gardant le silence, le temps de contrôler de nouveau ses émotions. Un frisson parcours son corps et Tim est prit d'une migraine. Il l'écoute jusqu'au bout, sachant que chaque mot prononcé est remplit de vérité. Une triste vérité … Il ne peut pas transférer ses espoirs sur cet homme, au risque de tout perdre quand il rentrera à la maison. Tout comme il ne peut pas s'en prendre à lui pour des erreurs qu'il n'a pas commit. Chacun est coupable mais pas sur ce que reproche l'autre.

Il l'écoute avec la même attention pendant qu'il se confie, sur l'homme qu'il aurait voulu être, sans arriver à quitter Batman. Maintenant qu'il n'a plus le costume, il c'est retrouvé bloqué ici, dans l'impossibilité de prendre le rôle d'un père qu'il aurait peut-être enfin pu être. Peut-être … Qui sait ce que l'avenir réserve.

Mais chacun doit prendre ses responsabilités. Inspirant de nouveau un bon coup, Tim se redresse et regarde la porte pendant quelques instants avant de la déverrouiller et l'ouvrir, le teint livide. Ses yeux se baissent vers Bruce et il tombe à genoux en face de lui. Ses mains tremblent sur le sol.

« … Mais je l'ai confronté …. J'ai traversé la planète pour lui. Quand il c'est fait passer pour mort. Je n'ai pas abandonné, je suis le seul qui n'a pas voulu l'accepter. Parce que … Parce que si je perdais Bruce, alors, je n'avais plus rien. Parce que j'ai déjà tout perdu. J'ai tout perdu. »

Alors qu'il parle, sa voix tremble, tout comme son corps et les larmes ont commencé à couler, sans qu'il ne puisse les contrôler. Tim ne le remarque que lorsqu'il voit trouble. Il inspire profondément et passe ses mains sur son visage. Ce n'est pas suffisant pour sécher et calmer ce flot d'émotions.

« Je l'ai trouvé, évidemment. Ca été un soulagement … J'aurais pu pardonner, je l'aurais fait. Mais c'est la suite qui a tout brisé. Quand son pseudo fils a annoncé son existence. Quand il m'a mis une raclée et qu'il c'est imposé à la place que j'occupais déjà ….  Bruce n'a rien dit, il n'a rien fait. Il m'a juste regardé partir ! »

Partir loin du manoir Wayne, dans lequel il ne trouvait plus sa place. De toute manière, Tim était perdu depuis la mort de Conner, se laissant anéantir par cette obsession de le ramener, se noyant peu à peu dans la douleur et l'amertume.

« …. Quand j'ai perdu Conner … Superboy. Je ne m'en suis jamais remis. Jamais relevé. Bruce le savait »

Les sanglots de Tim retentissent dans le studio. C'est bien la première fois qu'il s'exprime au sujet de Conner. Le sujet est d'habitude tabou, ce n'est même pas qu'il l'esquive, mais juste … Qu'il n'a pas le temps pour ça. Depuis le mort de son ami, Tim c'est laissé allé dans sa solitude. IL a changé, beaucoup. Distant, silencieux, toujours à ses patrouilles ou ses recherches. Et surtout, solitaire. Quittant les Teen Titans. Patrouillant avec Batman dans un calme qui n'a rien de bienfaiteur. En perdant Conner, une part de lui a sombré avec le jeune justicier de Metropolis.

« J'ai déjà perdu mes parents …. Mais quand Conner est tombé, une partie de moi est mort avec lui. »

Doucement, ses mains fermées viennent frapper les épaules de Bruce. Pas assez fort pour lui faire mal, pas assez puissant pour le faire bouger. Sans vraiment grande conviction, plutôt avec un désespoir, des émotions brisées.

« Le Bruce de mon univers … Lui aussi, il aurait voulu être un meilleur père. Mais Gotham a besoin de Batman. Je l'ai toujours soutenu, comprit et fait en sorte qu'il n'oublie pas qu'il est Bruce Wyane. Je lui ai apporté tout ce que je pouvais …. Alors j'aurais aimé que pour cette fois-ci … »

Il renifle bruyamment, le corps toujours secoué par de léger sanglots. Ses mains cessent de le frapper mais agrippent son haut au niveau du torse.

« J'aurais aimé qu'il laisse Batman et qu'il m'empêche de partir. J'aurais aimé qu'il me dise « ne t'inquiète pas Tim, tout ira bien. » »

Mais il ne l'a pas fait. Il c'est contenté de le regarder partir, avec toute sa peine, ses angoisses, s'enfonçant d'avantage dans sa solitude, dans son sentiment d'être abandonné. Ses mains resserrent sa prise sur le haut de Bruce, qu'il ne voit même pas à travers ses larmes. Ce n'est pas grave, il n'a pas besoin de le voir … Juste d'entendre le son de sa voix. A l'instant, Tim n'a besoin que de deux choses : d'être rassuré et surtout … De ne pas être abandonné.

« Non …. Non, ne pars pas … Je t'en supplie …. Peu importe le Bruce que tu es, ne me laisses pas tout seul … Ne m'abandonne pas. Je ferais la différence, je ne vous confondrais pas, alors je t'en supplie, ne m'abandonne pas. »

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Message(#) Sujet: Re: Bitch better have my money ▬ ft. Tim Mar 17 Juil - 22:10

Ce n’était pas ce à quoi Bruce s’était attendu en forçant le verrou de la porte. Cette situation, cette confrontation, ces aveux. D’une part comme de l’autre. C’est toujours aussi compliqué pour lui de trouver les mots lorsqu’il s’agit de les mettre sur des émotions. Il n’a jamais versé dans le sentimentalisme. Tim, au contraire, est visiblement quelqu’un de sensible, rendu encore plus à fleur de peau par de récentes épreuves et un changement aussi inopiné que malheureux.

Il pense à cet autre Bruce, se demande s’il est si différent de lui, ce que cela ferait de le rencontrer, mais l’idée est déplaisante et selon les circonstances, il n’est pas convaincu qu’un tel face à face se passerait sans encombres. Il a conscience de bon nombre de ses défauts, mais c’est autre chose de les voir de l’extérieur, de voir les murs qu’il érige autour de lui et comment les gens autour de lui s’y échouent et s’y écorchent les doigts à vouloir gravir l’insurmontable.

Les paroles du jeune homme sont un écho douloureux à ce que son Tim lui dirait probablement s’il le retrouvait, s’étant lui aussi fait passer pour mort. Il n’avait jamais eu l’intention d’en faire un secret auprès des siens, mais les circonstances ne lui avaient jamais permis de leur expliquer. Ils s’étaient retrouvés à faire leur deuil dans un monde où Bruce n’existait effectivement plus. Est-ce qu’eux aussi auraient été incapables d’accepter qu’il soit vraiment mort, auraient-ils compris qu’il ne s’agissait que d’une mise en scène ? Est-ce que son Tim aurait parcouru la Terre pour le retrouver ? Par déni, force du désespoir, ou conviction intime ?

Les barrières se fissent et craquellent toujours plus, c’est visible dans les gestes tremblants et la voix incertaines, les larmes qui menacent, mais plus pour longtemps. Bruce est désemparé, et maudit un peu cet alter ego qui n’a pas su réparer de telles insécurités avec quelques paroles rassurantes et gestes réconfortants. Comme si tu aurais fait mieux.

Il ne comprend pas tout. Il ne sait pas qui est le pseudo fils (Dick ? Jason ? quelqu’un d’autre ?), il ne sait pas qui est Connor/Superboy, mais quelque chose en lui gronde de mécontentement face à la passivité de l’autre Bruce. Est-ce que la Batfamily est condamnée à la tragédie dans tous les univers ? Qu’importe leurs choix, sont-ils toujours voués à mener la même vie, et à en souffrir les conséquences ? Il aurait pu leur offrir une existence tellement différente. Il espère que quelque part, il existe un Bruce, un Dick, un Tim qui ne sont pas des justiciers, qui passent leurs soirées devant la télé et assistent aux matchs de baseball, et qui n’apprennent jamais à mieux connaître la couleur du sang que celle du ciel de jour.

Les mains de Tim sur ses épaules l’emprisonnent avec force, elles le frappent mais sans faire de mal, l’empêchant de fuir dans ses pensées, appelant son attention à lui, ici et maintenant, le poussant à le voir, pas à travers lui mais en lui, avec tous ces morceaux brisés, sa confiance et son assurance, ses regrets et ses espoirs et toutes les nuances entre les deux. Bruce ne bouge pas, ne proteste pas, même si quelque chose en lui se morcelle un peu plus à chaque seconde aussi. Il déteste les larmes qu’il voit couler et l’imploration dans la voix du jeune Robin, parce que sa détresse est une faiblesse à laquelle il ne sait pas résister. Des bonnes résolutions qui volent en éclat. Foutue Oblivion.

Mais s’il n’est pas ici pour avoir une seconde chance et peut-être faire mieux, si leurs chemins ne se sont pas croisés pour réparer des torts causés, par lui ou un autre, alors quoi ?

Doucement, ignorant les poings toujours furieusement empêtrés dans le tissu de sa chemise, il se redresse pour lentement prendre la forme plus frêle et la ramener contre lui dans un geste bienveillant. Il ne sait que dire parce que parler n’a jamais été son fort, mais on lui souffle son texte, et les mots sont aisés, et franchissent ses lèvres tout naturellement :

« Ne t’inquiète pas Tim, tout ira bien. »

Des paroles rarement murmurées car rarement vraies ou dépourvues de certitudes, et plus que tout Bruce déteste les fausses promesses, privilégiant toujours la vérité en dépit de sa cruauté. Parfois il faut savoir laisser ses principes de côté, et il décide que cette fois en est une.

« Je suis là, je ne vais nulle-part. » Comment le pourrait-il ? Même lui n’est pas aussi insensible. « Tu n’es pas remplaçable, et si ton Bruce est un tant soit peu comme moi, il le sait, même s’il ne l’exprime pas. Il y a eu d’autres Robin, et peut-être qu’il y en aura d’autres, mais tous sont uniques, et tous sont importants, nécessaires à Batman, je suis convaincu que c’est une constante, dans tous les mondes et tous les univers. »

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Message(#) Sujet: Re: Bitch better have my money ▬ ft. Tim Jeu 2 Aoû - 13:00

Ne t'inquiète pas, Tim, tout ira bien. Même s'il lui a soufflé ces mots, depuis quand est-ce qu'il attend d'entendre cette phrase ? Des murmures rassurants, pas forcément vrais, mais assez pour lui donner la force de se relever, plutôt que de l'écraser d'avantage et de lui tourner le dos. Parce que sans le vouloir, c'est ce que le Bruce de son monde avait fait. Ô bien entendu, il ne pensait pas que les choses iraient si loin. Personne ne pouvait l'imaginer. Mais la venue de cet horrible petit Damian Wayne, arrivé quelques mois après le décès de Conner, c'est une fâcheuse coïncidence.

Tim tremble dans ses bras, pleurant silencieusement contre Bruce, son corps parfois secoué à cause d'un léger sanglot ou d'une respiration mal contrôlée. Pourtant, son cœur commence déjà à s'apaiser. Il écoute Bruce parler sans vraiment réagir, sans s'écarter, juste fermer les yeux, le temps de se calmer et reprendre le contrôle de ses émotions. Peu à peu, son souffle se fait plus calme, plus régulier. Ses mains refermées contre lui acceptent de desserrer leur poigne. Enfin, Tim consente à s'écarter et frotte ses yeux pour faire disparaître les dernières larmes avant de s'approcher de son bureau. Ne sachant pas vraiment ce qu'il cherchait, il s'empare de son ordinateur portable. Même si ce n'est qu'un appareil électronique, c'est plutôt rassurant de l'avoir près de soit. Son ordinateur … Il l'a depuis si longtemps, seul témoin de tout ce que Tim a pu entreprendre, là où est caché le dossier de Conner, comprenant toutes ses recherches. Mais surtout, à travers cet ordinateur, il a eu l'occasion de montrer tout son talent pendant des années, montrer qui il est. Tim Drake. Avec ses équations compliqués, ses jeux en ligne et tout ce qui va avec.

L'adolescent, silencieux, retourne prendre place vers Bruce, s'asseyant près de lui. Il inspire un bon coup, ses émotions doucement retrouvées et canalisées.

« Je sais. J'ignore si c'est la même chose pour le Tim de ton époque, mais dans mon monde, j'ai découvert l'identité de Batman et Robin. Et je me suis présenté à Bruce, un peu après la … mort de Jason. » Il hésite un peu avant de prononcer ces mots, sachant le sujet compliqué. En est-il de même pour ce Bruce ? « Batman c'était renfermé. Plus sombre, plus violent … Et encore plus solitaire. Je savais ce qu'il lui manquait. Un Robin. Mais j'étais peut-être un peu trop jeune pour comprendre qu'il n'était pas encore apte à en prendre un autre. Je m'étais présenté vers Dick, pour lui demander de reprendre le rôle. Mais il tenait à son indépendance en tant que Nightwing. Puis il m'a observé et m'a dit que le rôle pourrait me revenir. Ce n'est pas trop ce à quoi je m'attendais. Mais Alfred a approuvé et à insisté auprès de Bruce, il a dit que je comprenais ce que voulait dire être Robin. Bruce n'était pas vraiment d'accord, mais il a fini par céder. Après m'avoir testé. Et surtout, avec un entraînement approprié. Pour que les choses ne se passent pas deux fois de la même manière. »

Le retour de Jason en tant que Red Hood avait été compliqué, quelques années plus tard. Pour Bruce, à tout jamais marqué par cette histoire. Pour Jason, de voir que le Joker était vivait et que Robin avait été remplacé. Ils ont eu des débuts houleux. Violent et sanglant. Etrangement, aujourd'hui, il est celui qui est le plus proche de Jason, essayant peu à peu d'apaiser son esprit dérangé et de le ramener à la raison. Ca, ce n'est pas être Robin, c'est être Tim Drake.

« Je crois qu'il ne l'a jamais regretté … A part peut-être à la mort de mes parents. Mais c'est à ce moment là qu'il n'a plus voulu être seulement Batman, mais aussi Bruce Wayne, le père. »

A ce moment là qu'il a décidé de l'adopter. Sur le coup, Tim n'avait pas été totalement d'accord, hautement perturbé. Il avait inventé les papiers d'un oncle habitant loin, qui aurait soit disant demander sa garde. Tim avait tout préparer, sa trace dans les registres de la mairie, une pièce d'identité, même le papier signé du juge. Que des documents falsifiés mais indétectable à part si on s'appelle Batman. Encore une fois, Bruce avait été surprit par son talent. Après discussion, Tim avait accepté. C'est l'un des rares moments où Bruce a accepté de parler sentiments.

« Mais pour en revenir à Robin. … Être Robin ce n'est pas simplement porter un costume et se battre aux côtés de Batman. Etre Robin, ce n'est pas simplement être doué au combat et être efficace pendant les missions. » Contrairement à ce que peut penser cet idiot de Damian Wayne, qui n'a rien comprit du tout.

« Quand on est un Robin, ce n'est pas la force qui compte le plus. Robin doit être capable de canaliser la noirceur de Batman et apporter sa stabilité. Robin fait en sorte qu'il ne franchisse jamais le seuil que Batman c'est imposé … Sinon, il ne fera que se noyer. Robin donne de l'humanité au justicier et lui rappelle que la justice est différente que la vengeance. Batman ne peut être lui même si Robin ne comprend pas son rôle. Je me demande quand tout cela a commencé à changer. »

Est-ce vraiment depuis l'arrivé de Damian ? Ou déjà avant ? Les derniers événements se sont si vite enchaînés. Au final, n'est-ce pas tout simplement une question de confiance ? Son regard se porte sur cet autre Bruce, si semblable, bien que ce ne soit pas lui. Et pourtant … C'est lui qui est là aujourd'hui, à l'avoir prit dans ses bras, à calmer ses peurs et sa peine.

« Et puis il y a Tim Drake. Tim, c'est accepter de comprendre que même s'il peut être dur, Bruce -ou Batman- a toujours fait ce qui lui semblait être au mieux. Pour ses proches, pour Gotham. Ce n'est pas toujours le plus facile à accepter ou même à comprendre mais … Bruce Wayne sait agir avec raison. Il est un mentor avec de l'expérience qui sait que beaucoup trop de sentiments peuvent parfois faire de choses regrettables et des erreurs où il n'y aura pas forcément de retour en arrière possible. Et que parfois, il faut se dire … Que dirait Batman ? Que dirait Bruce ? »

Son regard se pose une nouvelle fois sur son ordinateur. Bruce désapprouverait. Il le sait et c'est bien pour ça qu'il ne lui a jamais parlé de ses recherches de clonage. Mais parfois, il n'y a pas d'autres solutions. Tim secoue la tête. Peut-être qu'il c'est perdu en tant que Tim Drake. Evidemment, puisqu'une partie de lui est mort avec Conner. Il ne sera plus jamais lui même. Du moins, pas tant que Superboy n'est pas de retour. Malgré tout, il y a une partie de lui qui ne changera jamais. Celle qui concerne Bruce.

« Etre Tim, c'est rappeler à Bruce Wayne qu'il ne sera plus jamais seul face à ses démons. Plus jamais seul, tout court. Et ça, je crois que c'est la partie la plus importante. Parce que c'est la famille. »

Etre Tim Drake, c'est être une guimauve.

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Bitch better have my money ▬ ft. Tim
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